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"Slow sex" ?

Dernière mise à jour : juil. 11


"Avertissement au lecteur : le texte qui suit porte la mention “contenu explicite” car il contient des éléments susceptibles de choquer la sensibilité des plus jeunes"


Parler, ça donne soif.


Jeannette, impatiente comme à son habitude, voulait la suite de l'histoire. Mais Elijah sentait que la vodka glacée, adoucie par le sirop, se laissait boire un peu trop facilement, et commençait à faire de l'effet... Un peu trop d'effet...


Mr X.



"- Attends Jeannette, il doit me rester deux ou trois trucs à grignoter... Je vais les chercher parce qu'après la troisième vodka, faut qu'je mange... T'as une sacrée descente... Faut qu'j'arrive à te suivre.


- Ok, mais fais vite. Je veux la suite - dit-elle en choppant, sur la table de jardin, son téléphone portable."


*****


On était partis en weekend, Eve et moi, dans une minuscule station balnéaire où ses parents, riches et un peu snobs, prenaient leurs quartiers d'été, et on était descendus dans un petit hôtel très sympa. On avait prévu de passer l'après-midi sur la plage au pied de l'hôtel, à buller au soleil, en attendant le soir pour les rejoindre pour le traditionnel et tellement guindé dîner d'anniversaire de son père.


Arrivée sur la plage, elle s'est plantée sur le sable, juste vêtue d'une chemise blanche dont elle avait retroussé les manches, qu'elle avait piquée dans mes affaires. C'était bien la peine de s'encombrer de cette énorme valise et d'une tonne de vêtements, si c'était pour finir par piocher dans mon sac de voyage.

Moi, je l'avais suivie les bras chargés, un parasol sous le bras, mon petit sac avec juste un maillot de rechange, une serviette et mon bouquin dans une main, et son énorme sac en paille qui pèse deux tonnes dans l'autre.

Et pendant que je plantais le parasol, elle a commencé. Commencé quoi ? Ben... Commencé à jouer avec moi. Voilà. Son jeu préféré. Et moi, l'air faussement courroucé, je me suis laissé faire, comme toujours.


Je m'escrimais, à genoux, à enfoncer le piquet dans le sable quand elle s'est installée juste devant moi en me tournant le dos. Elle a glissé ses deux mains sous la chemise, et a roulé sur ses cuisses son minuscule string en dentelle. Interminablement... Puis elle s'est penchée pour farfouiller dans le sac, un peu excessivement, soi-disant à la recherche de son bikini blanc, mon préféré, qui soulignait le hâle de sa peau mais qui ne cachait absolument rien de ses formes affolantes...


Comme si elle n'avait pas pu le mettre en sortant de la chambre, à peine cinq minutes plus tôt... Et comme si elle ne savait pas très exactement où était la pochette en plastique où elle rangeait toujours ses maillots... Et comme si elle ne pouvait pas d'abord chercher son maillot et enlever son string seulement après... Et tout ça en laissant la brise marine jouer avec les pans de la chemise... Et le pire, c'était le naturel faussement ingénu avec lequel elle enchaînait ces gestes... Non mais des fois, j'vous jure...


Enfin bref ! Elle s'est tournée, et s'est assise face à moi sur sa serviette pour l'enfiler, tout en prenant bien soin d'enlever les grains de sable sur la peau de ses longues jambes fuselées, à coup de petits gestes nerveux, pendant un moment délicieux qui m'a paru à la fois excessivement long, mais aussi beaucoup trop court. "Miss Paradoxe".


A genoux dans le sable, je n'en perdais pas une miette mais n'osais déjà plus me relever.


Un bref regard circulaire m'a confirmé ce que je pensais déjà : tous les mecs autour, sur la plage, n'en perdaient pas une miette eux non plus. Provocant regards courroucés et rebuffades irritées de leurs copines et épouses respectives. Il y en a même un qui, la bouche grande ouverte, s'est pris une tape sur l'arrière de la tête. Bien fait !


Je n'avais qu'une envie, c'était de me jeter dans l'eau pour me rafraichir, et tenter de reprendre un peu mes esprits.


Elle a dû le sentir. Probablement. Juste au moment où j'allais me lever, elle a sorti de son sac l'arme fatale : Le flacon de crème solaire...


"- Attends, Chaton... Tu veux bien m'aider, s'il te plait, avant d'aller te baigner ?

- Bien sur Eve..."


Bon. A partir de ce moment-là, j'étais définitivement dans la nasse...


Je me connais. Si je pose les mains sur elle maintenant... je vais avoir les fils qui se touchent... En plus, si pourtant j'adore regarder, sentir, goûter... Mes mains, c'est mon instrument de prédilection. Le toucher, c'est le sens que je préfère, et du coup j'ai, comme on dit, les mains baladeuses, forcément. Pour peu que la personne concernée n'ait rien contre, je ne peux pas m'empêcher de toucher, palper, caresser, explorer, ressentir... C'est comme si elles avaient une vie propre, et n'obéissaient qu'à leurs envies. C'est pour ça que j'adore masser. Pas que pour faire plaisir à l'autre, mais aussi parce que pour moi, c'est vraiment très, très agréable.


Pendant que j'en étais là de mes réflexions, Mademoiselle a défait le cordon du haut de son maillot pour se passer de la crème dans le cou, retenant maladroitement les deux triangles de tissu en appuyant le bras dont la main tenait la crème solaire sur sa poitrine généreuse. Evidemment, quand il s'est agi de remettre de la crème dans le creux de son autre main, un des triangles a glissé, découvrant un sein rond, lourd, ferme, et parfaitement galbé. Un enchantement pour les yeux.


Je voyais le voisin de serviette moustachu, assis un peu plus loin, qui suçait avidement un polo de toutes les couleurs en forme de fusée, tenter avec les plus grandes difficultés de garder la tête droite, fixée vers la mer, pendant que ses yeux, eux, se tordaient dangereusement vers le bord de ses lunettes de soleil.


"- Eve, arrête. Il va y avoir une émeute..."


Elle mit une main devant sa jolie bouche, arrondie en un "O" faussement étonné...


"- Oh ? C'est vrai ? Tu me défendras, dis, mon héro ?

- Mouais...

- Ça va, je fais rien de spécial... J'ai juste mis mon maillot, et je me suis passé un peu de crème solaire. Tu aurais voulu quoi ? Que je reste toute nue et qu'en plus, j'attrape un coup de soleil ?"


En disant ça, elle avait tiré le cordon du soutien-gorge de son maillot pour refaire le nœud autour de son cou, levant haut ses bras écartés, tirant bien sur le tissu, en se cambrant plus que de raison.


J'ai jeté un coup d'œil furtif à "Moustache". Le pauvre. Les lèvres entrouvertes, le souffle court, il en avait oublié son polo qui fondait à grosses gouttes colorées le long de son avant-bras...


A ce stade, je n'avais plus que deux solutions. Soit je m'avouais vaincu, et je savais qu'alors j'allais me faire torturer tout l'après-midi, soit je rentrais dans son jeu, et je tentais, au bluff, de faire monter les enchères...


"- Ok, passe-moi le flacon et tourne-toi." – Fis-je en joignant, d'une petite claque sur le haut de sa cuisse, le geste à la parole...


Elle a baissé ses lunettes de soleil pour me lancer un regard intrigué.


"- Oh. Ça va, oui ? Donne-moi une fessée pendant que tu y es...

- Chiche ?

- Oh ! Eli ! Tu n'oserais pas ? Pas ici ?" – sur un ton mi-taquin, mi-interrogateur.

"- C'est pas l'envie qui me manque...

- Hum... A moi non plus" – répondit-elle avec un sourire plein de sous-entendus...


J'ai défait le nœud de son soutien-gorge, et j'ai lentement laissé tomber quelques gouttes de crème solaire dans son dos en dessinant des arabesque tout le long... Un peu plus de crème que nécessaire, sans doute, mais qu'importe. Ça n'en durera qu'un peu plus longtemps. Puis, lentement, j'ai laissé ma main glisser sur sa peau, caressant ses épaules en longs gestes concentriques, mes doigts jouant avec ses clavicules. Descendant et remontant le long de son dos, glissant sur ses côtes jusqu'à la naissance de ses seins et s'y attardant toujours un peu plus, comme une promesse inassouvie... Elle a laissé sa tête reposer sur ses mains jointes, les lèvres entrouvertes et les yeux fermés, laissant échapper un imperceptible soupir à chaque changement de pression. Mes mains courraient sur sa peau que le soleil, complice, commençait à réchauffer. Assis sur ses cuisses, j'ai subrepticement glissé mes mains sous les ficelles de son maillot pour le faire glisser un petit peu plus bas... laissant apparaître le sillon de ses fesses... Elle a eu un petit soubresaut... Mais m'a laissé faire.


"- Ça serait dommage de le tâcher..." – dis-je "- Il te va tellement bien..."

"- T'es un voyou ! Qu'est-ce que je vais faire de toi ?" – lâcha-t-elle dans un soupir.

"- Je sais pas, Eve... Un voyou heureux, sans doute.

- Touché. C'est gentil, Chaton..."


J'ai repris la bouteille de crème, et ai réitéré mes arabesques le long de chaque jambe. Consciencieusement, je me suis appliqué à ce qu'aucun centimètre de sa peau n'échappe à mes caresses. Doucement, de bas en haut. Remontant lentement sur ses cuisses. J'ai laissé mes doigts se glisser entre elles, jusqu'à oser enfin une caresse furtive, un peu trop haut sans doute – Quel maladroit ! - et mes doigts ont couru entre ses jambes, sur le tissu du maillot...


Je l'ai sentie frissonner, et elle s'est relevée aussitôt, avec un sourire qui maintenant manquait un peu d'assurance...


"- Ta ta ta, Eli... On arrête là...

- Oui... Pour l'instant... P'tite joueuse..." – Dis-je avec un sourire carnassier...


J'ai essuyé mes doigts sur un coin de serviette et me suis levé.


"- Attends, viens-là. Je vais t'en mettre un peu, moi aussi...

- Non merci, tu sais que je déteste ça, les crèmes..."


C'est vrai que je déteste les crèmes, mais dans le même temps, j'en mourrais d'envie. Mais, maintenant que j'avais réussi à marquer mon point, il n'aurait plus manqué que ça, que je la laisse reprendre l'ascendant dans notre petit jeu... Même pas en rêve, Eve...


Et je suis allé me baigner sans me retourner, avec un clin d'œil complice à "Moustache" qui était au bord de l'apoplexie.


Evidemment, elle m'a rejoint dans l'eau... On a nagé un peu, un aller-retour, comme à notre habitude, jusqu'aux bouées qui marquent la zone de mouillage des bateaux, à presque une centaine de mètres du rivage.


Arrivé le premier, je me suis accroché à une des bouées, et l'ai regardée nager vers moi d'une brasse élégante, le cou tendu, en me demandant d'où les femmes tiennent cette manie qu'elles ont toutes d'aller nager avec leurs lunettes de soleil sur la tête...


Lorsqu'elle m'a rejoint, elle s'est accrochée à moi... Mettant ses deux longues jambes autour de ma taille et ses bras autour de mon cou. Lentement, elle a poussé son bassin tout contre le mien, et une irrépressible érection a enflammé mon bas-ventre. Elle ondulait, allant et venant, nos deux corps enlacés glissant l'un contre l'autre au rythme de la houle, lascive, les yeux à demi fermés, et les lèvres, ses si jolies lèvres, à peine entrouvertes.


Mon maillot me semblait beaucoup trop ajusté tout à coup, au point que c'en était presque douloureux. Elle sentait combien j'étais dur, et à quel point je la voulais. Là, tout de suite.


"- Eve..." - Je n'ai même pas eu le temps de dire quoi que ce soit, elle a collé sa bouche contre la mienne, sa langue s'est insinuée entre mes dents, en un baiser passionné, sauvage. Se laissant emporter par le désir qui nous embrasait, elle a mordu ma lèvre inférieure au point de me faire mal.


"- Aie... Eve... Eve... EVE... Attends... S'il te plait..." – glissais-je dans un murmure...

"- On ne va pas y arriver, ici, Eli... Sois raisonnable. Pas avec la bouée qui bouge pour seul point d'appui... Et puis arrête de m'allumer... Tu me rends folle... C'est pas sympa de jouer avec moi comme tu le fais..."


Dans le même temps, elle s'est écartée de moi et s'est laissée glisser sur le dos en direction de la plage, s'éloignant doucement avec un petit sourire satisfait en mode "Je t'ai eu !".


"Arrête de m'allumer, c'est pas sympa de jouer avec moi comme tu le fais...". Non mais je rêve, Eve ? Elle se fout de moi en plus... Eve... Mon petit démon sexy... Et elle a dit ça avec tellement de conviction et de naturel...


Je l'ai regardée s'éloigner lentement et articuler sans bruit quelque chose que je n'ai pas réussi à comprendre, mais pas besoin, je savais qu'elle plantait encore une banderille.


Une fois rendus près du bord, elle m'a demandé d'aller poser ses lunettes de soleil, et a insisté qu'on essaie de faire des "portés". "[i]- Comme dans Dirty Dancing...[/i]" m'a-t-elle dit. Je sais que c'est son film préféré. Ça l'était à cette époque-là, du moins. Même si je ne sais pas exactement pourquoi, je soupçonne quand même que Patrick Swayze y soit pour beaucoup, dans l'intérêt porté à ce film.


La danse, c'est pas du tout mon truc, et moi, je ne suis pas Patrick Swayze, très loin de là. On n'a pas réussi à faire correctement quoi que ce soit, bien sûr, mais ça lui a donné l'occasion de courir vers moi un paquet de fois, de se jeter sur moi en riant, et de rouler ensemble, l'un contre l'autre, peau contre peau, dans l'eau, au bord de la plage...


Après cet après-midi épuisant, autant pour les nerfs que pour le physique, on s'est arrêtés manger une glace en bas de l'hôtel, histoire de reprendre un peu des forces, et nous nous sommes enfin retrouvés dans la chambre...


Elle a coupé court de suite aux idées qui me traversaient la tête :


"- On n'a plus beaucoup de temps. Je ne voudrais pas être en retard pour la fête de mon père. Pas envie de me faire remarquer en arrivant la dernière... Tu sais quoi ? Va prendre ta douche de suite, comme ça, après, tu me laisses la salle de bain."


Je me suis glissé sous l'eau tiède, me suis savonné, puis j'ai coupé complètement l'eau chaude. Le jet glacé m'a fait un bien fou après un après-midi entier à griller au soleil. Je sentais la chaleur que ma peau avait emmagasiné pendant des heures irradier autour de moi. Des images ont assailli mon esprit. La peau d'Eve avait sans aucun doute reçu le même excès de chaleur, et je pouvais imaginer son contact brûlant, sentir le parfum délicat de sa peau. Avec ce petit côté sucré qui m'a toujours intrigué. Bien m'en a pris, ça annulait les effets qu'une douche glacée peut avoir sur la fierté masculine.


J'ai roulé la serviette autour de ma taille, ouvert la porte de la salle de bain, pour la découvrir allongée sur le lit, un coussin sous le ventre, le menton posé dans ses mains, et entièrement nue... La vision de rêve de ses longues jambes, de son cul rebondi, m'a fait penser qu'on ne serait jamais à l'heure pour la fête d'anniversaire, mais...


"- Mon tour !" a-t-elle dit en prenant sous le bras les affaires qu'elle avait préparé, en me claquant une bise sur la joue, et en disparaissant dans la salle de bain d'un petit pas sautillant.


Par la porte ouverte, je l'ai entendue dire :


"- Tu en as mis du temps pour prendre ta douche, dis... A cause de toi, on va être en retard..."


J'ai eu de la peine à retenir un : [i]"- Oui, ça se pourrait bien..."[/i] et à m'empêcher de la rejoindre sous la douche, mais je me suis concentré parce que je savais que c'était important pour elle. J'ai enfilé mon costume en lin beige et une chemise blanche, le col ouvert, sans cravate. Heureusement avec cette chaleur. Déjà, avec le costume, en plein été, c'était trop pour moi. Mais bon, quand on connait ses parents, je ne pouvais pas faire moins...


Enfin prêt, j'ai glissé un œil par la porte de la salle de bain.


Elle était en train de se maquiller, moulée dans une robe fourreau blanche dénudée bas dans le dos, qui magnifiait ses formes généreuses et mettait en valeur son incroyable chute de reins. En plus d'avoir un cul somptueux, elle est naturellement très cambrée, et bon... c'est juste... Irrésistible. Voilà, c'est ça le mot. Irrésistible.


Appuyé contre le chambranle de la porte, je la regardais, hissée sur la pointe des pieds, pliée en deux pour s'approcher du miroir, souligner d'un trait de crayon ses grands yeux sombres.


Elle n'avait pas remarqué que j'étais là à la contempler, elle, si belle et si désirable. La robe blanche dont le dos nu descendait bas sur ses hanches, épousait chacune des courbes somptueuses de son corps de rêve. Ses gestes, du fait qu'elle se croyait seule avec son reflet, étaient naturels et précis. Puis, d'un coup, elle s'aperçut de ma présence, dans le grand miroir... et elle m'adressa son sourire le plus craquant. Doux. Et tendre...


"- Pourquoi tu souris comme ça ? Ça te fait rire de me regarder me maquiller ?"


Moi ? Non. Je ne riais pas d'elle. J'étais juste heureux de cet instant. Juste heureux de pouvoir la contempler dans ce moment intime, juste elle, et son incroyable beauté.


"- Non, c'est pas que ça me fait rire... Mais je me demande pourquoi vous êtes incapables de mettre du crayon ou du rimmel en gardant la bouche fermée ?

- Qui ? Moi ? Ha ha. Oui... c'est vrai... C'est pas sympa de te moquer... Voyou !

- Je me moque pas, Eve... T'es à tomber... Tu es juste... (soupir) Juste incroyable...

- Hum... Merci."


Et voilà, le simple fait d'avoir pris conscience de ma présence avait induit de subtils changements dans son attitude, dans la tension de son dos, un peu plus creusé, mettant en valeur les courbes douces de ses reins, dans sa façon de se rapprocher un peu plus du miroir... De plier légèrement une de ses jambes en serrant un peu plus ses cuisses l'une contre l'autre... de pincer fort ses lèvres pulpeuses l'une contre l'autre pour égaliser le gloss qu'elle venait d'appliquer, et de les laisser se dérouler lentement, comme la promesse d'un baiser...


J'ai glissé mes mains dans les poches de mon pantalon pour les brider, les empêcher de s'exprimer à ma place...


"- Je t'assure... Si je ne me retenais pas...

- Hum... Tu me ferais quoi ? Si tu ne te retenais pas...

- Je sais pas. Je pense que je déferais l'attache de ta robe, dans ton cou, pour commencer... et l'embrasser, peut-être. Tu en penses quoi ?" – Un pas en avant.

"- ... (silence)"


Je perçois un léger frisson qui parcourt sa colonne, et elle voit dans la glace que mon regard suit exactement le même chemin.


"- Tant qu'à faire, si le haut de ta robe ne tient pas, je pourrais peut-être aussi...

- Eli, non ! On n'a pas le temps. On doit partir au plus tard dans un quart d'heure."


Un autre pas en avant.


"- C'est bien un quart d'heure... C'est largement suffisant..."


Elle me connait. Elle sait quand je disjoncte. Quand mes limites volent en éclat. Et là, c'était le cas. Elle savait que je ne m'arrêterais pas. A aucun prix.


Comme un éclair fugace, j'ai vu un soupçon de panique passer dans son regard, qui cherchait un prétexte... un soutien... balayant la pièce, le sol, s'arrêtant sur ses escarpins. Elle a esquissé un geste du bras pour les attraper.


Un dernier pas en avant me met à sa portée. J'arrête son bras en plein geste, en prenant son poignet délicatement, et ramène sa main, la plaquant haut sur le miroir. Je sens sa respiration s'arrêter. J'ai envie d'elle à un point que je n'ai jamais atteint. Elle le sait. Elle le sent.


Ma main gauche attrape son poignet gauche et le plaque aussi contre la vitre, la faisant se pencher encore un peu plus en avant, et je me colle contre elle.


"- Non..." souffle-t-elle encore dans un murmure. "- Eli..."


Mais ce "non", murmuré, lâché dans un soupir, sonne pour moi comme une promesse, mon nom, à peine susurré, résonne comme un appel. De toutes façons, je ne l'écoute pas. Tout ce que j'entends, c'est son souffle qui devient court. C'est le froissement du tissu de mes vêtements tout contre sa robe.


Collé contre elle, je dépose à la base de sa nuque un baiser brûlant, cherche de la langue ce point, juste derrière son oreille, où je sais qu'elle aime que je m'attarde. Mes mains quittent les siennes pour se poser sur ses hanches, courir sur son ventre, remonter vers ses seins pendant que mes lèvres parcourent son dos.


Je remonte sa jupe haut sur son cul magnifique et cette vision, avec son string couleur chair, me fait chavirer et emporte les dernières réticences que j'aurais pu avoir... Je la sens se laisser gagner par ma ferveur contagieuse, par l'adoration que je voue à son corps tout entier.


D'une main fébrile, je défais ma ceinture, le bouton, la braguette, et baisse mon pantalon et mon caleçon. Libérant mon sexe impatient qui trouve sa place naturellement entre ses fesses...


Lorsque sa main droite se décolle du miroir et qu'elle tourne la tête, je la prends dans la mienne pour la plaquer de nouveau contre le miroir.


Entre deux baisers enflammés sur ses épaules, je lui souffle "- Ne bouge pas. Reste exactement comme ça..."


Mon ton un peu autoritaire semble aussi faire son effet. Je sens son bassin pivoter pour se coller contre ma queue, vois son dos se creuser encore un peu plus.


Ma main droite reviens vers ses seins dans une caresse impatiente, la gauche se pose sur ses fesses, si douces. Mes doigts s'insinuent entre ses cuisses, se glissant sous son string.


Avec mon pied, en douceur, j'écarte doucement les siens, libérant ainsi un espace pour mes doigts qui se faufilent, glissent entre les lèvres de son sexe brûlant et déjà tellement mouillé... Elle ne peut retenir un gémissement quand ils explorent son intimité, exerçant une douce pression circulaire sur son clitoris, et reviennent en arrière dans un geste impatient pour s'insérer dans cet écrin si doux. Un d'abord, puis deux, allant et venant... Elle halète, et je n'y tiens plus...


Je fais glisser son string sur le côté, et lentement, avec douceur, je m'insinue en elle. Puis me retire et la pénètre de nouveau, terminant mon mouvement d'un à-coup passionné. Elle se tort, joue de son bassin pour accompagner mes mouvements qui se font plus entreprenants, m'arrachant à chaque fois un petit grognement que je ne peux réprimer. Encore moins quand elle leur fait écho d'un "- Ah !" qui sonne à mes oreilles comme un battement envoûtant, presque hypnotique, qui s'accélère à chaque fois un peu plus.


Mes deux mains rejoignent les siennes de chaque côté de sa tête, sur le miroir. Collé contre son dos, comme hypnotisé par notre reflet dans la glace, et me laissant emporter par ce bonheur sauvage, dans un souffle, je glisse à son oreille :


"- Ouvre les yeux, Eve. Je veux te voir... Et je veux que tu voies comme tu es belle..."


Elle ouvre les yeux et l'intensité monte encore d'un cran. Les va et vient de nos deux corps à l'unisson se font plus rapides, plus effrénés, plus violents aussi.


Et c'est vrai, elle est belle à en mourir... Dans le miroir, je vois ses seins qui tressautent à chaque coup. Elle laisse retomber sa tête entre ses épaules un instant, et quand elle la relève, elle arbore un regard ardent et plante ses yeux au plus profond des miens, avec un air de défi. Le désir m'enflamme tout entier. Je la veux. Tellement. Tellement fort. Et je veux la voir prendre du plaisir. Je donnerais tout pour ça...


Les "- Ah !" de plaisir, alanguis, murmurés, deviennent des "- Oui...", criés, plus sauvages, ponctuant chaque mouvement de mon bassin. Plus je l'entends exprimer son plaisir, plus mon excitation grandit, atteignant son paroxysme.


Mes doigts s'entremêlent avec les siens, et elle les serre de plus en plus fort, presque à m'en faire mal.


Les vagues de plaisir l'emportent, la submergent... Je lutte contre moi-même pour retarder la jouissance qui irradie dans mon bassin.


Ses cris me rendent fou...


"- Oui. Oui. Oui ! Oui ! Oui ! Ouuuiiiiii !"


Enfin, elle s'abandonne et jouit sans retenue. Enfin je peux m'autoriser à exploser en elle, perdant pied, emporté si loin de toute réalité... Et je reste comme ça, collé contre elle, ma tête contre son dos, reprenant peu à peu mon souffle, revenant doucement au monde... La salle de bain reprend ses contours. Les formes et les couleurs redeviennent plus distinctes. Je me retire doucement.


Embrassant sa peau avec une douceur extrême mais passionnée, pour détourner mon attention de ce moment fatidique d'hyper lucidité qui conclut chaque explosion de plaisir, et l'exorciser.


"- Eve...

- Oh putain ! Eli ! Tu es complètement dingue..." – me dit-elle en se retournant et en plaquant sa bouche sur la mienne...


Je lui rend son baiser fougueux, puis, dans un sourire, je lâche : "- Tu vois... Finalement, on sera à l'heure..."


Réflexion stupide, j'en conviens, mais qui a le mérite de m'éviter de dire un tas de bêtises qui auraient compromis la simplicité de nos relations...



*****



"- Tu en es à ta cinquième vodka, Jeannette... Tu crois pas que c'est assez ?


- ...


- Jeannette ? – Elle me regarde avec une expression que je n'arrive pas à déchiffrer -


- Heu... Non... Merci... Je crois qu'il va m'en falloir encore une... Tu me ressers s'il te plait ?"


Le regard de Jeannette accroche le mien. Elle me fixe droit dans les yeux, sans rien dire, sans aucune expression sur son joli visage ingénu... Pendant un instant, on sirote nos shots sans un mot... J'attends qu'elle rompe le silence qui s'est installé entre nous, mais elle ne dit rien. Se contentant de me regarder fixement. Perplexe. Dubitative... Avec un air presque un peu fâché. Enfin non, pas fâché. A mi chemin entre "fâché" et "exaspéré".


Finalement, c'est moi qui en prends l'initiative :


"- Tu vois Jeannette. Dix minutes. Pas plus. Dix minutes pour un bonheur intense dont le souvenir dure toute une vie... Alors quoi ? Le "Slow sex" ? Vraiment ? Je ne dis pas que c'est toujours comme ça que ça doit se passer... Bien au contraire. C'est génial de pouvoir prendre son temps, souvent... Mais des fois, il n'y a pas de "Slow sex" qui tienne. Les recettes, les modes d'emploi, et les notices techniques, comme dirait Jean-Jacques Goldman, j'évite...


- Ouais. C'est peut-être vrai... Mais cette façon de faire l'amour dont tu parles...


- Pourquoi ? Il y en a une autre ? – répondis-je avec un sourire qui se voulait malicieux.


- OK..." - Dit-elle avec une pointe d'agacement dans la voix. "- Eli, je peux te poser une question ?


- Je t'en prie, Jeannette, je pense qu'on est suffisamment intimes toi et moi, maintenant, pour qu'on puisse se dire n'importe quoi.


- Si c'était comme ça entre vous, pourquoi tu n'es plus avec elle ?


- Je te l'ai dit. On n'était pas amoureux. Ni elle, ni moi.


- Et ça a duré combien de temps ?


- En tout ? Un an et demi. Une parenthèse d'un an et demi de bonheur simple dans ma vie...


- Impossible. On ne peut pas être comme ça pendant si longtemps sans rien ressentir.


- C'est vrai, Jeannette. Mais la raison de tout ça, c'est que je pense que tu as compris combien elle était belle.


- Et alors ?"


Et voilà... Elle allait me forcer à être honnête jusqu'au bout...


"- Et alors, s'il fallait qu'on ne soit pas amoureux, ni l'un, ni l'autre, j'ai fini par comprendre que c'était dû à une incompatibilité d'image...


- Hein ?


- Oui. Elle si belle. Moi pas...


- Eli !


- Oh, ça va... Je n'ai pas de problème avec ça. Je suis qui je suis, c'est tout... Mais je le sais. Et elle, jeune fille d'une famille riche, brillante, vouée à un mariage de rêve dont ses parents lui avaient parlé depuis toujours...


- En vrai ?


- Oui. En vrai. Tout le temps que ça a duré, on n'était liés par aucun serment, elle et moi, parce qu'il fallait que ça soit comme ça... Ça ne pouvait pas être autrement.


- Alors, tu as accepté ça ?


- Oui.


- Et ça s'est fini comment ?"



*****



Très simplement. Comme souvent, ça s'est fini très simplement.


Un jour, elle a rencontré quelqu'un qui a réussi à compter plus que les autres, moi de mon côté, j'en ai rencontré quelques-unes dont je n'avais absolument rien à faire...


Un grand blond, beau gosse, musclé, passionné de surf, trader, plein de ronds, qui l'a emmenée avec lui sur les plus grands spots de surf pour assouvir sa passion. Sa passion du surf, bien sûr, parce que sa passion pour elle, je sais qu'elle n'a jamais existé.


Elle a fini par me le présenter. En discutant, on en est venus à parler de musique, comme toujours. Il adorait la country. C'est la seule musique qu'il écoutait, et qu'il connaissait. En dehors de ça, pour lui, il n'existait rien... Il m'a regardé goguenard quand je lui ai lancé "- ... Le Floyd ? Les Who ?... Non ? Led Zep ? ... De la variet' alors ? Gainsbourg ? Cabrel ? Non ? Jonasz alors ? Non ? Même pas ? Ok ? Hein ? Qui? Oui, je connais Dolly Parton... Ha ouais... Ok... C'est bien. Super classe comme chanteuse, hein? Pauvre Eva Cassidy... ha ha ha".


Trois mois plus tard, ils se sont mariés. Ils m'ont invité. J'ai acheté le cadeau le plus horrible qui soit, une soupière hideuse, vraiment immonde, avec des scènes de chasse peintes façon XVIIIème siècle dessus. Je me suis pointé le jour du mariage. J'ai tendu à Eve le paquet cadeau. Elle l'a donné à "Patrick Swayze" et m'a sauté au cou, me remerciant avec effusion. Il a déchiré le papier en faisant une grimace un peu bizarre, et nous, on a éclaté de rire. Il a tourné les talons sans rien dire, et a quitté la pièce.


Alors, j'ai sorti une enveloppe de ma poche, je la lui ai donnée en lui disant "- Tiens, ça, c'est pour toi, je crois que tu en auras besoin. Ouvre-la quand tu seras seule..."


Et on s'est éloignés peu à peu... Au sens propre comme au figuré. Elle est partie travailler à l'étranger pour suivre son mari. Moi, j'ai pas bougé.


On s'est appelés, pendant quelques mois, mais de moins en moins... Et puis la vie a repris ses droits... Je me suis marié aussi, mais je ne les ai pas invités. Et je n'ai plus jamais eu de nouvelles.



*****



"- Oh putain ! Eli !"


Encore ? Mais c'est quoi cette manie qu'elles ont toutes, avec leurs "- Oh putain ! Eli !" ?


- Quoi ?


- Rien. Laisse. Y avait quoi dans l'enveloppe ?


- Une cassette. 240 minutes. Y'avait pas plus long. Avec toutes les musiques qu'on adorait tous les deux, toutes celles qui ont ponctué chacun de nos moments ensemble. Ces chansons que je me rappelle, une à une. L'équivalent des playlists de l'époque. Ça m'a pris en temps fou pour la faire.


- Ah ouais. Putain. C'est triste ton histoire Eli...


- Non. Pas triste. Pourquoi triste ? C'était comme ça. C'est tout. Un an et demi de bonheur. Simple.


- Simple ? T'es sûr de ça, - Dit-elle avec une petite moue...


- Non. J'suis pas sûr. Mais j'm'en fous... Allez, avec ce que tu as bu, Jeannette, tu vas rester dormir chez moi... Pas question de conduire...


- Tu es en train de me proposer de dormir avec toi ?"


J'avoue ne pas avoir su comment interpréter cette question...


"- Non. Tu prends mon lit. On a un studio aménagé dans la remise, je dors là-bas. Je vais me coucher. C'est ouvert. Tu rentres, tu t'installes, et tu fais comme chez toi. On se voit demain ?


- Ok Eli. Comme tu veux... On se voit demain.


- Merci. Bonne nuit, Jeannette.


- Eli." - Dit-elle avec un petit signe de tête et une légère moue.


Puis :


"- Eli ?


- Oui Jeanette ?" - dis-je sans me retourner...


"- T'es désespérant... Tu le sais ?


- Oui Jeannette. Je sais."




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